Eric Debarbieux, Président de l'Observatoire international de la violence à l'école, a été mandaté, par le Ministre de l'Education Nationale Luc Chatel, pour rédiger un rapport sur le harcèlement moral à l'école. Ce rapport sera débattu le mois prochain par la communauté éducative.
Depuis quelques années, la thématique de la violence scolaire revient fréquemment dans les discussions médiatiques et politiques. Les jeunes sont-ils de plus en plus violents ? Y-a-t'il plus de crimes scolaire aujourd'hui qu'il y a 20 ans ? Rien n'a été tranché encore en la matière. Et pour cause ! Comment évaluer un phénomène dont la définition même est si abstraite et dépend autant de l'histoire de chacun ? (Un acte peut me paraître violent de part ma culture et ne pas l'être pour mon voisin)
Il semblerait cependant que suite aux "Etats Généraux sur la Sécurité à l'école", lancé l'année dernière par E. Debarbieux lui-même, la réflexion ce soit décloisonnée pour se recentrer plus particulièrement sur le harcèlement moral (proche du school bullying en Angleterre) et non plus sur les faits minimes mais très médiatisés de violence criminelle dans les établissements scolaires. Dans une interview donnée à Libération, E.Debarbieux souligne d'ailleurs l'importance des Etats généraux : "qui ont mis l’humain au cœur du problème, soulignant, au-delà du nombre, l’importance d’avoir des équipes formées et stables."
Tout comme le propose depuis 5 ans le programme Education à la Paix de l'association Initiatives et Changement, ce spécialiste de la violence insiste sur l'importance de la prévention et de l'information. Former des enseignants, travailler avec toute l'équipe pédagogique mais également les parents et les élèves, prévenir les phénomènes de bouc Emissaires en parlant, en échangeant.... des techniques utilisés déjà depuis de nombreuses années par Education à la Paix et qui ont fait leur preuve.
Car s'il est vrai que le harcèlement moral n'est pas un phénomène nouveau, il semble de plus en plus incontrôlable de part les nouvelles technologies (SMS, Facebook, photos sur les portables mis ensuite sur internet, etc.). E.Debarbieux souligne donc l'importance d'améliorer avant tout le climat scolaire, le travail en équipe, les relations pédagogiques pour réduire ce phénomène de harcèlement moral.
Ainsi donc à en croire les réactions de ces derniers jours, le débat ne serait plus à la fouille de cartables et la mise en place de portiques de sécurité avec des policiers à chaque extrémités, mais bien à une formation, une prévention, tout simplement une prise en charge du problème centré sur l'enfant et non la répression.
Ségolène Lefort