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Lancement de la version arabe du film L'imam et le pasteur au Soudan
Projection de L’imam et le pasteur au Syndicat des femmes de Khartoum (Photo: Imad Karam)
“Je suis reconnaissant pour cette expérience très enrichissante. Nous devrions la reconduire. Nous pouvons arriver à mener une vie tranquille et pacifique – que ce soit dans un Soudan, ou deux Soudans“ C’est en ces termes que s’est exprimé le 16 janvier l’ancien ministre des Finances Abdel Rahim Hamdi après la projection du film l’Imam et le Pasteur.
Débat à la suite du lancement officiel du film au Centre de conférences Al-Zubier de Khartoum(Photo: Imad Karam)Cet événement, qui avait pour thème « Les valeurs portées par les religions, fondements de la paix et de la coexistence », était organisé par le Conseil interreligieux du Soudan. Celui-ci est notamment formé de représentants du Conseil soudanais des Eglises, des Etudiants musulmans du Soudan, de l’Eglise épiscopale du Soudan, de la Communauté Ansar, de la Communauté copte du Soudan ainsi que du ministère des Affaires religieuses.
Les protagonistes du film, l’imam Muhammad Ashafa et le pasteur James Wuye, ainsi que les réalisateurs, Imad Karam et Alan Channer étaient les hôtes du Conseil interreligieux du Soudan. Ils étaient accompagnés de Peter Everington, ancien enseignant d’anglais dans le pays et l’une des très rares personnalités étrangères à avoir été décorées par le gouvernement soudanais pour services rendus dans l’éducation. Leur visite a coincidé avec une période politique très tendue. Des élections nationales sont prévues pour avril, et l’on s’attend à ce que le Sud Soudan organise un référendum en 2011 au sujet d’une possible sécession.
L’imam Ashafa, le pasteur Wuye, M.Albushra et Imad Karam lors de la conférence de presse à Khartoum. (Photo: Lucian Hariman) Le programme officiel a débuté le 14 janvier par une conférence de presse organisée par le Centre soudanais des médias, à laquelle ont assisté des représentants des principaux médias. Dans son introduction, Faroug Albushra, secrétaire général du Conseil interreligieux du Soudan, a décrit la visite comme « tombant à point nommé et vraiment nécessaire pour maintenir la paix et la coexistence au Soudan ». Messieurs Albushra et Karam ont également été interviewés par la radio la Voix de Khartoum, ainsi que par la chaîne de télévision Blue Nile.
Le 15 janvier, l’imam Ashafa a mené la prière du vendredi dans une des mosquées de Khartoum. L’imam Ashafa, le pasteur Wuye et M. Albushra avec son Éminence le Cardinal Gabriel Zubier Wako, dans sa résidence de Khartoum. (Photo: Alan Channer)Le samedi 16, le groupe a été chaleureusement reçu par son Eminence le Cardinal Gabriel Zubier Wako dans sa résidence. Ils se sont ensuite rendus au Centre arabe et africain de la jeunesse pour rencontrer des jeunes. Le film a aussi été projeté, puis, l’Imam Ashafa et le Pasteur James ont discuté avec les jeunes durant presque deux heures.
C’est plus tard dans la soirée qu’a eu lieu le lancement officiel du film au Centre de conférences Al-Zubier, près du Nil Bleu. Plus de cent personnes ont assisté à la soirée, dont, notamment des représentants et anciens membres du gouvernement, un membre du parlement, des leaders religieux, des éducateurs, des journalistes, des étudiants en théologie ainsi que des militants pour la paix.
Mme Khadiga Hussein (à gauche) s’exprimant lors du lancement officiel du film.(Photo: Alan Channer)Durant le débat qui a suivi la projection, Mme Khadiga Hussein, fondatrice et présidente des Mères soudanaises pour la paix a décrit le film comme "puissant et une preuve concrète qu’en lavant nos âmes de la haine, de la rancune et de l’hostilité, nous pourrons mener notre communauté à la réconciliation et au pardon, en ouvrant ainsi une nouvelle page vierge".
Le secrétaire général adjoint du Conseil des églises du Soudan, le révérend Mark Kage a commenté : « C’est un bon film, au ton juste. Nous devons être francs et admettre que nous avons des problèmes. Si l’on continue à dire que tout vas bien, nous n’irons jamais de l’avant». L’animateur de la soirée, le directeur du futur Centre d’études et des étudiants islamiques, Rabie Hassan Ahmed, a conclu :"Ce que nous avons vécu ce soir est très important… les musulmans et les chrétiens peuvent résoudre ensemble des problèmes communs. Nos deux religions peuvent être utilisées pour réconcilier la société et l’aider à vivre en paix et en harmonie".
Les visiteurs ont étés accueillis au Parlement de l’État du Nil Blanc par des danses Fellata, communauté nigériane d’origine haoussa.(Photo: Alan Channer)Le jour suivant, le groupe s’est rendu à Rebak, capitale de l’État du Nil Blanc, à 270 kilomètres au sud de Khartoum, où le film a été projeté dans l’enceinte du parlement. L’audience d’une centaine de personnes était composée du président et de membres du parlement, ainsi que de chefs religieux, aussi bien musulmans que chrétiens. L’événement a été couvert par Ashoroug TV et la TV et Radio de l’État du Nil Blanc. Les visiteurs ont étés accueillis au parlement de l’État du Nil Blanc avec des danses Fellata, communauté nigériane d’origine haoussa.
Une projection publique supplémentaire a eu lieu à la Chambre judiciaire de Kosti. L’audience de plus de 100 personnes était composée entre autres, de chargés de cours de l’Université Al Mahdi et de membres des forces de police. L’État du Nil Blanc, de part sa situation voisine avec l’État du Haut Nil du Sud Soudan, est connu pour sa société hétérogène, composée de communautés musulmanes et chrétiennes. Les deux projections, qui ont été précédées de récitations du Coran et de lectures de la Bible, ont provoqué un déluge de questions pour l’imam Ashafa et le pasteur James.
Débats au Parlement du Nil Blanc après la projection du film.(Photo: Alan Channer)Lors de leur séjour dans l’État du Nil Blanc, la délégation a appris la nouvelle d’affrontements communautaires à Jos, au Nigéria, une région dans laquelle le pasteur James et l’imam Ashafa possèdent une branche active de leur Centre de médiation inter-religieuse. Dès qu’ils avaient un moment de libre, les deux hommes téléphonaient à leur équipe ou à des personnalités de Jos, pour tenter d’évaluer la situation et offrir un flot continu de prières et de conseils.
Durant la dernière journée du programme, le film a été projeté au Syndicat des femmes, devant plus de 30 femmes, dont beaucoup sont des personnalités de la société civile. L’imam Ashafa et le pasteur James ont ensuite exposé la nature du travail accompli par leur Centre avec des femmes du Nigeria, avant un débat animé.
Une visite comparable au Sud Soudan est actuellement en préparation.
Imad Karam and Alan Channer
Khartoum
20 janvier 2010
traduction Luca Borra
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