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Egypte : lancement de la version arabe du film « L’Imam et le pasteur »
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Un jeune Egyptien pose une question aux protagonistes du film au centre culturel El Sawy Cultural Centre le 5 juin 2009. (Photo : Lubna)
Un message de pardon et de réconciliation
Une série de projections et de débats ont marqué le lancement du documentaire « L’Imam et le pasteur » en Egypte, du 27 mai au 5 juin. Ce lancement coïncidait avec la visite du Président Barack Obama et son discours historique à l’université du Caire sur les relations entre les Etats-Unis et le monde musulman. Imad Karam, un des réalisateurs du film pour le compte de la société de production FLTfilms liée à I&C, et sa femme Amira nous envoient ce reportage, dont est traduit ici l’essentiel.
La Bibliothèque alexandrine – la plus ancienne au monde, située dans la seconde ville égyptienne, Alexandrie – a été le cadre dans lequel s’est déroulée la première projection du film dans sa version arabe en présence des deux protagonistes, le pasteur James Wuye et l’imam Muhammad Ashafa, du Nigéria. La ville avait une signification particulière pour l’imam Ashafa, puisque c’est là qu’a été signée la “Déclaration d'Alexandrie, dont son collègue et lui se sont inspirés pour rédiger la Déclaration de Paix de Kaduna.
Rencontre avec les Pères Basilius et Johnna Al-Makary au monastère Saint Makarius. A droite, le savant musulman Ahmed Al-Saeh. (Photo: Imad Karam) La projection à la Bibliothèque alexandrine a été organisée par l’association Réarmement moral d’Egypte, l’Institut des Etudes pour la Paix, la Société arabe pour la réforme et le Forum de dialogue arabe. Elle a été suivie d’une discussion approfondie au sein de la centaine de participants, dont beaucoup étaient des spécialistes et des praticiens dans le domaine de la paix et de la réconciliation.
D’autres rencontres ont eu lieu, notamment avec le comité du Dialogue interculturel d’Alexandrie (appelé précédemment Groupe de dialogue musulman-chrétien) qui a témoigné des résultats obtenus ainsi que des espoirs et des défis rencontrés. Le groupe a invité l’imam Ashafa et le pasteur Wuye à revenir à Alexandrie pour donner des cours de formation aux notables locaux en matière d’efforts de paix et de réconciliation.
La projection du film à l’université du Caire. (Photo: Imad Karam)La projection du documentaire à l’université du Caire, le 1er juin, a été organisée par le Programme d’études de civilisation et de dialogue des cultures. Le lendemain, une projection a eu lieu dans la Salle orientale de l’université américaine du Caire, bondée et débordante. On comptait parmi les intervenants l’archevêque Michael Fitzgerald, nonce apostolique en Egypte et auprès de la Ligue arabe, Adel Imam, une des acteurs égyptiens les plus connus, Aly Elsamman, président du Comité interreligieux égyptien, et le Dr Laila Tekla, présidente du Comité des Affaires internationales et du Conseil national pour les droits humains.
L’imam Ashafa, le pasteur Wuye et Imad Karam ont aussi eu un entretien avec le président de l’université Al-Azhar ainsi qu’avec des chercheurs du Centre de recherche islamique ; ils ont été reçus par des imams de plusieurs mosquées cairotes. Ils ont été interviewés par plusieurs chaînes de télévision. L’Egypte, le pays arabe le plus peuplé, a eu une longue histoire de coexistence pacifique entre musulmans et chrétiens ; toutefois, des tensions se sont fait jour dans les deux dernières décennies. Elles ont été marquées par des violences sporadiques et n’ont pas été résolues. Conscients des sensibilités dans ce domaine, Ashafa et Wuye ont adopté une attitude d’humilité dans la transmission de leur message. Conscients aussi du fait que l’Egypte est un berceau de la civilisation et un point de rencontre des cultures, ils désiraient tirer des leçons de l’expérience égyptienne et découvrir des coopérations entre l’Egypte et le Nigéria dans le domaine de la paix. Le public égyptien s’est montré très réceptif et désireux de travailler à améliorer les occasions et les structures de dialogue interculturel.
Imad et Amira Karam
(traduction : Jean-Jacques Odier)
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